Mort de Michael Jackson : les réseaux sociaux plus rapide que les médias traditionnels
1 Comment Published by Pauline juin 26th, 2009 in Non classé.Comme vous le savez déjà tous, Michael Jackson est mort d’un arrêt cardiaque probablement du à une surdose de médicaments.
Vous êtes, comme je l’imagine, déjà submergé d’informations à son sujet voilà pourquoi je ne m’attarderais pas plus sur le « King de la Pop ».
Ce qui m’intéresse et fait le sujet de cet article c’est l’importance que prennent les réseaux sociaux dans la diffusion d’informations. Souvent accusé de faire de la désinformation les réseaux sociaux ont montré pour cet événement une rapidité de réaction exemplaire et énorme.
Au cours de la nuit on dénombrait plus de 1000 tweets à la minute pour annoncer le décès. On estime ce nombre à plus de centaines de milliers pendant la nuit.
Tout cela se déroulait sans que les médias « traditionnels » ne révèlent l’information. Ce n’est qu’aux alentours de 23h que les médias français commençaient à diffuser à ce sujet.
Aujourd’hui vous pouvez jeter un œil aux tweets et différentes informations publiées sur Facebook, le résultat est étonnant : je parierais qu’au moins un tiers de vos amis ont parlé de la mort de Michael Jackson ! En moins de 24h la page consacrée à sa mort sur Facebook compte près de 100 000 membres.
On accuse souvent et à juste titre la véracité des informations diffusées sur les réseaux sociaux. Cet événement démontre néanmoins leur puissance (cf. Twitter au sujet des élections en Iran).
Cela justifie encore une fois la nécessité de prendre en compte ces outils sociaux tendant à délivrer une masse d’informations de plus en plus importante. Même s’il serait présomptueux de prévoir une disparition des canaux d’informations classiques, il est clair que les réseaux sociaux représentent le principal canal d’information de certaines populations. Les plus jeunes (15-25 ans) sont très peu réceptifs voir pas aux médias traditionnels.
On peut légitimement se demander qui détient le pouvoir de l’information ?
Les médias traditionnels tendent à ne devenir que de simples vecteurs d’informations et non plus une source. La réelle information (et parfois malheureusement désinformation et c’est là qu’est le risque) vient des médias sociaux et donc des individus eux mêmes.
En allant un peu plus loin on peut se demander si les journalistes eux mêmes n’utilisent pas les réseaux sociaux comme source d’informations… Cela pourrait expliquer la naissance des revues dont le contenu est loin d’être travailler (ce que l’on appelle communément des canards)… Personnellement quitte à lire des informations fausses je préfère privilégier Internet… Qui a le mérite d’être gratuit !
Dernière question qui mérite réflexion : la réelle information n’aurait-elle pas tendance à résider dans la désinformation ?




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Les médias traditionnels n’ont jamais prétendu être la source. Au contraire, ils dépendent toujours d’un témoin, d’un intervenant, d’un porte-parole, d’un spécialiste, d’un expert auto-proclamé ou pas, d’une vedette (artistique, sportive et quelques fois même médiatique) et souvent de la police qui alimente le coeur de leurs informations, si on se limite à leur rôle de transmission de la nouvelle.
Donc, il est vrai que Twitter devient une autre source (à titre d’agrégateur de sources par excellence) pour les journalistes qui ne s’y trompent pas en adoptant en grand nombre cet outil actuellement, du moins en France et aux États-Unis (au Québec, c’est encore timide, mais c’est commencé). S’ils l’utilisent vraiment à l’instar de tous les autres utilisateurs qui restent inactifs ou l’abandonnent dans une proportion de 60% selon plusieurs études, devient donc superfétatoire.
Laissons-les respirer un peu. Combien de temps ont mis les geeks (qui ont pris la vague il y a environ deux ans pour les plus avant-gardistes) avant de savoir tirer le meilleur parti de la plate-forme ? Sur TWitter, il faut aller chercher ses adeptes (je préfère ce terme à «follower» dans un texte qui dépasse 140 caractères) un par un. Au début, les journalistes sont forcément sur un pied d’égalité avec tout le monde. Ils vont donc faire ainsi en grand nombre (encore une fois à l’instar de tous les autres utilisateurs) des fautes de frappe et même de grammaire (parce que la qualité de la langue n’est pas le premier critère d’embauche pour un bon journaliste) en ne disposant pas d’un pupitre d’édition sur Twitter. En devenant les seuls maîtres à bord, ils seront nécessairement redevables de leurs bons coups et de leurs erreurs.
Ils sont en train de faire leurs gammes. Quand ils signeront tous leurs textes avec leur adresse Twitter, ils vont avoir un avantage énorme sur tous les autres utilisateurs en profitant de la circulation de leur titre. Quand ils emploieront l’ensemble des facettes de l’outil à bon escient (souhaitons leur d’y arriver plus vite que les vedettes et les politiciens), ils vont détenir une position idéale pour jouer efficacement leur rôle de médiateur des tendances ou de fédérateur des journalismes citoyens de toute obédience.
La question de savoir lequel de Twitter ou des médias traditionnels est le plus rapide n’est pas tellement importante. Les deux s’imbriquent trop déjà pour transformer leur relation uniquement en un rapport de course à la nouvelle. En nous prononçant sur la chose, on garde le nez beaucoup trop collé sur la vitre.
Au fait, en passant, Twitter ne sert pas qu’à connaître en premier le dernier tremblement de terre, le dernier écrasement d’avion ou la dernière révolution. Il flirte souvent avec des sujets de discussion plus durables à titre de meilleur relais qui soit (en ayant surpassé les fils RSS sous ce rapport incidemment) de ce qui se fait de mieux dans les médias. Au surplus, à l’instar des canards comme vous dites, Twitter se prête aussi aux échanges les plus triviaux (sa superficialité venant au premier rang des reproches qu’on lui fait).
Il ne faut pas s’inquiéter du sort des médias traditionnels en soi. Leur contrôle de l’agenda quotidien est définitivement perdu. Ils doivent composer maintenant avec des milliers de sources de diffusion qui peuvent les devancer sur toutes les scènes. Il faut se soucier par contre de la survie du journalisme professionnel, de la fonction de ceux qui tentent à plein temps de donner un sens au magma quotidien de données qui parviennent à nos yeux et à nos oreilles. Il faut souhaiter que les blogueurs les plus talentueux sachent se regrouper pour se donner les mêmes avantages que les organisations médiatiques et que ces dernières décodent aussi les usages du web social pour ranger finalement aux poubelles de l’histoire leur vieux modèle de diffusion à sens unique.
Il faut espérer que les bouleversements majeurs en cours vont déboucher sur une meilleure compréhension collective du monde. On n’y parviendra qu’en nous payant toujours le luxe de disposer du plus grand nombre d’observatoires collectifs crédibles des phénomènes qui méritent notre attention. Dépendre uniquement d’individus ne pouvant compter que sur leurs propres moyens, aussi bien intentionnés soient-ils, nous ferait retourner en arrière.